Un peu d'histoire sur l'Ecologie Politique

L’√©cologie politique est apparue dans les ann√©es 1970 et au d√©but des ann√©es 1980 dans le contexte des critiques politico-√©conomiques de l’√©cologie culturelle et de l’√©cologie des syst√®mes. Cette critique soutenait essentiellement que pour expliquer la d√©gradation de l’environnement (par exemple l’√©rosion des sols), il fallait situer les pratiques de gestion des ressources, g√©n√©ralement celles des petits exploitants dans les pays en d√©veloppement, dans le cadre plus large de l’√©conomie politique.

 

Cette fusion des perspectives politiques √©conomiques et culturelles √©cologiques a √©t√© connue dans la g√©ographie anglophone sous le nom d’√©cologie politique. La critique de l’√©cologie politique, initialement influenc√©e par les √©tudes agraires marxistes, a donn√© lieu √† une succession de conceptualisations des interactions nature-soci√©t√©. Paul Robbins identifie trois approches th√©oriques distinctes des relations nature-soci√©t√© dans la litt√©rature d’√©cologie politique qu’il appelle “destruction”, “production” et “coproduction” de la nature.

Qu'est-ce que l'Ecologie Politique ?

L’√©cologie politique est une approche de l’√©tude des questions d’environnement et de d√©veloppement qui a connu une expansion rapide au cours des 10 √† 15 derni√®res ann√©es. L’√©cologie politique se concentre g√©n√©ralement sur les luttes de pouvoir dans la gouvernance environnementale. L’√©cologie politique fait r√©f√©rence √† une diversit√© d’approches th√©oriques et m√©thodologiques des relations socio-√©cologiques qui partagent un int√©r√™t commun pour les questions li√©es aux politiques de gestion, d’acc√®s et de contr√īle des ressources naturelles, aux connaissances environnementales et √† leurs effets interactifs sur les moyens de subsistance et la dynamique des changements environnementaux.

 

Ces luttes peuvent porter sur des biens mat√©riels (terres, ressources naturelles) ainsi que sur le sens. Cela conduit √† nouveau √† l’√©tude des r√©cits et des discours associ√©s aux diff√©rents acteurs et √† leurs int√©r√™ts. Au cours des derni√®res ann√©es, les discours dominants, notamment sur l’environnement africain, ont √©t√© remis en question. Ces recherches en √©cologie politique ont contribu√© √† l’acquisition de nouvelles connaissances sur les liens entre les peuples et la nature et entre la science et les politiques.

 

Combinant les id√©aux de clarification des valeurs et de transparence empirique, l’√©cologie politique s’appuie √©galement sur la th√©orie critique de l’√©cole de Francfort. Si cette approche a d√©but√© dans les ann√©es 1970 comme une critique marxiste du n√©o-malthusianisme, son principal d√©fi aujourd’hui consiste √† mener des √©tudes empiriquement solides sur les changements environnementaux et politiques sans conclusions pr√©alables, qu’elles soient inspir√©es par une critique du malthusianisme ou du capitalisme.

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L’√©cologie politique s’est fermement √©tablie comme un domaine dominant de la recherche sur l’environnement humain en g√©ographie. Dans une large mesure, elle a √©clips√© son pr√©d√©cesseur et domaine apparent√© de l’√©cologie culturelle. En gros, une recherche d’articles de recherche et d’analyse publi√©s dans les principales revues de g√©ographie et autres revues connexes entre l’√©t√© 1993 et le printemps 2004 a permis de trouver 163 r√©sultats avec les mots cl√©s “√©cologie politique”. La m√™me recherche pour les mots cl√©s “√©cologie culturelle” a permis de trouver 19 articles (bien qu’une grande partie de ce qui aurait √©t√© appel√© √©cologie culturelle soit maintenant appel√©e science de la durabilit√© ou science du changement climatique).

 

Le mouvement d’auto-identification sous l’√©tiquette de l’√©cologie politique est particuli√®rement fort chez les jeunes universitaires. Ce qui laisse penser que ce domaine ne peut que devenir plus dominant. Pourtant, ce changement n’a pas √©t√© adopt√© sans r√©serves par tous les sp√©cialistes des relations entre l’homme et l’environnement en g√©ographie. Si l’√©cologie politique a prosp√©r√©, sa coh√©rence en tant que domaine d’√©tude et ses contributions intellectuelles centrales restent l’objet d’un d√©bat parfois controvers√©.

 

L’une des questions r√©currentes, et non r√©solues, a √©t√© “O√Ļ est l’√©cologie dans l’√©cologie politique ? En effet, une controverse est apparue sur la question de savoir si, en fait, le domaine est devenu “la politique sans √©cologie”. Malgr√© les affirmations des critiques, il existe de nombreuses recherches en √©cologie politique qui placent l’√©cologie biophysique au centre des pr√©occupations. Cependant, alors que l’√©cologie politique continue √† se d√©velopper dans de nouvelles directions, la mesure dans laquelle elle est susceptible de maintenir ou de renforcer cet engagement avec l’√©cologie semble discutable.

 

Compte tenu de sa trajectoire actuelle, il peut √™tre valable de se demander si le domaine est susceptible (ou m√™me s’il devrait) conserver son identit√© d'”√©cologie” politique plut√īt qu’une “√©tude de la politique environnementale” essentiellement ax√©e sur les sciences humaines et sociales. Cette question est au cŇďur des tensions entre les sp√©cialistes de l’√©cologie politique et des domaines d’√©tude connexes sur ce que le domaine souhaite apporter et √† qui nous souhaitons nous adresser.

 

En tant que domaine d’√©tude de plus en plus dominant des relations entre l’homme et l’environnement dans la g√©ographie contemporaine, c’est une question d’une importance consid√©rable. En outre, dans la mesure o√Ļ les relations entre l’homme et l’environnement sont en hausse dans la g√©ographie contemporaine, l’avenir de l’√©cologie politique aura probablement des implications importantes pour l’avenir de la g√©ographie dans son ensemble. Le r√īle de l’√©cologie dans l’√©cologie politique, √©value les m√©rites de ces arguments et examine les implications pour la sous-discipline et pour l’√©tude des relations homme-environnement en g√©ographie au sens large.

L'Environnement et la logique sociale

Le dialecte d’Environnement et la logique sociale expliquent les changements environnementaux (par exemple, l’√©rosion des sols) et la vuln√©rabilit√© √† la variabilit√© (par exemple, la s√©cheresse, les chocs du march√©) en relation avec les relations sociales de production et d’√©change. Cette perspective combine une vision structuraliste de la soci√©t√© et une vision positiviste de l’√©cologie. Elle est mieux repr√©sent√©e par les critiques politiques et √©conomiques de la d√©gradation des terres et de la famine. La base th√©orique sociale de ce cadrage s’appuie sur des perspectives historiques mat√©rialistes, notamment les √©tudes (sous-)d√©veloppementales n√©omarxistes.

 

Par exemple, Blaikie et Watts s’inspirent tous deux de la notion de Bernstein de “simple pression de reproduction” pour th√©oriser l’√©conomie politique de l’√©rosion des sols en Afrique et en Asie du Sud (Bernstein, 1978). Ce concept fait r√©f√©rence aux processus par lesquels les agriculteurs et les pasteurs exploitent les sols ou surp√Ęturent les p√Ęturages en raison de leur d√©pendance √† l’√©gard de la production de produits de base (par exemple, le coton ou la vente de b√©tail) pour satisfaire les besoins fondamentaux de la reproduction des m√©nages. En p√©riode de d√©t√©rioration des termes de l’√©change, lorsque le prix des intrants augmente mais que les prix du march√© pour les produits des petits exploitants restent identiques ou diminuent, les petits exploitants surutilisent les ressources alors qu’ils savent que cela entra√ģnera une baisse de la productivit√©.

 

La d√©gradation de l’environnement est le r√©sultat de ces processus politiques, √©conomiques et √©cologiques combin√©s. Les sols d√©grad√©s contribuent √† leur tour au processus d’appauvrissement en raison de la baisse des rendements. Contrairement √† l’approche classique ou coloniale de la d√©gradation des terres et de la soci√©t√©, qui attribue aux utilisateurs des terres le caract√®re arri√©r√© et irrationnel et √† la surpopulation les principales causes des probl√®mes environnementaux ; les chercheurs qui s’appuient sur la perspective de dialecte d’Environnement et de la logique sociale consid√®rent que le comportement des petits exploitants est tout √† fait rationnel dans des conditions politico-√©conomiques d√©favorables.

ecologie politique

Plus r√©cemment, cette critique politico-√©conomique s’est engag√©e dans des recherches sur l’√©cologie positiviste qui remettent en question la notion selon laquelle les syst√®mes √©cologiques reviennent √† un seul “point de r√©f√©rence” ou “√©tat stable” (Zimmerer, 2000). La nouvelle √©cologie, ou √©cologie du non-√©quilibre, se caract√©rise par des analyses de la d√©gradation des terres qui tiennent compte de la d√©pendance √† l’√©chelle (spatiale et temporelle) de la d√©gradation environnementale (Turner, 1993 ; Grabbatin et Rossi, 2012). L’ampleur de la “d√©gradation” per√ßue est toujours relative √† une condition de base qui variera au fur et √† mesure que les limites spatiales et temporelles des analyses √©cologiques changent (Behnke et al., 1993 ; Scoones, 1995). La litt√©rature sur la dialectique environnementale et sociale en √©cologie politique a int√©gr√© les id√©es √©cologiques de non-√©quilibre dans ses analyses dans le cadre de sa critique des √Čtats et des donateurs d’aide dont les mod√®les et les interventions sont bas√©s sur des hypoth√®ses d’√©quilibre du monde biophysique.

 

Par exemple, les √Čtats et les donateurs d’aide encouragent les “nouveaux mouvements √©colos” pour lutter contre la d√©gradation de l’environnement en mettant en Ňďuvre des strat√©gies de conservation territoriale destin√©es √† contenir et √† g√©rer la d√©gradation de l’environnement (Zimmerer, 2000). Cependant, ces strat√©gies territoriales ne parviennent souvent pas √† am√©liorer les paysages et les moyens de subsistance des utilisateurs de ressources parce qu’elles diagnostiquent mal les dimensions temporelles et spatiales de la dynamique des changements environnementaux (Turner, 1993 ; Zimmerer, 2000).

 

L’approche de la “gestion de terroirs villageois” en est un exemple classique. Ses partisans promeuvent le zonage de l’utilisation des terres comme une solution √† la d√©gradation per√ßue des terres et aux conflits d’utilisation des terres (Turner, 1999). Dans les zones semi-arides d’Afrique de l’Ouest, ce confinement des activit√©s d’utilisation des terres dans des zones sp√©cifiques (zone agricole, zone pastorale) limite la capacit√© des pasteurs mobiles √† tirer parti des ressources des parcours qui se d√©placent dans le temps et dans l’espace. Une mobilit√© pastorale r√©duite dans les limites des zones de “gestion de terroirs villageois” peut conduire √† la d√©gradation des parcours, √† la r√©duction de la productivit√© des troupeaux et √† l’augmentation des conflits entre agriculteurs et √©leveurs (Turner, 1999).

 

Les m√©thodes de recherche concernant le dialectique de l’environnement et de logique sociale combinent les √©tudes scientifiques existantes sur la d√©gradation des terres (par exemple, la perte de nutriments du sol, l’empi√®tement de la brousse) avec des enqu√™tes sur les syst√®mes agricoles et les budgets des m√©nages. L’analyse se concentre sur les explications causales qui poussent les petits exploitants √† prendre des d√©cisions visant √† surcharger les terres. Les explications mettent g√©n√©ralement l’accent sur les processus qui relient les utilisateurs de ressources √† des √©conomies politiques plus larges par le biais de “cha√ģnes d’explication” (Blaikie et Brookfield, 1987). Ces analyses multi-√©chelles mettent l’accent sur les relations sociales de production et d’√©change au sein des m√©nages et des communaut√©s et sur le r√īle de l’√Čtat et d’autres acteurs (par exemple les commer√ßants) dans la perp√©tuation du sous-d√©veloppement.

Une approche environnementale constructive

Les perspectives constructivistes environnementales s’appuient sur des cadres post-structuraux des questions d’environnement et de soci√©t√©. Cette approche soutient que les comptes rendus des changements environnementaux (par exemple, la perte de for√™ts en Afrique de l’Ouest) l√©gitiment les revendications de connaissances sur les relations socio-√©cologiques qui l√©gitiment simultan√©ment les relations de pouvoir (Fairhead et Leach, 1996). Ces comptes rendus prennent g√©n√©ralement la forme d’histoires qui simplifient des relations complexes de cause √† effet, attribuent des bl√Ęmes, √©tablissent une expertise et stabilisent des processus biophysiques incertains (Forsyth et Walker, 2008).

 

Les r√©cits environnementaux ont tendance √† renforcer l’autorit√© plut√īt qu’√† faire autorit√©. De nombreuses √©tudes s’appuient sur l’analyse du discours pour montrer comment les connaissances environnementales et l’ordre social sont coproduits (Foucault, 1980 ; Hajer, 1995). Les travaux de James Fairhead et Melissa Leach sur les r√©cits de changement environnemental des for√™ts tropicales d’Afrique de l’Ouest illustrent cette deuxi√®me perspective politico-√©cologique sur les relations socio-√©cologiques. Leur livre, Misreading the African landscape, r√©v√®le que les forestiers d’√Čtat en Guin√©e ont mal interpr√©t√© l’histoire du paysage, en particulier le couvert forestier (Fairhead et Leach, 1996).

 

Les forestiers per√ßoivent la mosa√Įque d’√ģlots forestiers √† la transition entre la for√™t tropicale humide et la savane humide comme les vestiges d’une for√™t tropicale plus √©tendue. Influenc√©s par les th√©ories de d√©sertification des scientifiques coloniaux fran√ßais (Aubr√©ville, 1949), les forestiers guin√©ens ont accus√© les petits exploitants de d√©truire la for√™t et ont impos√© des mesures draconiennes (peines de prison, amendes) pour emp√™cher toute nouvelle perte de for√™t. Fairhead et Leach remettent en question ce r√©cit et cette politique en reconstruisant l’histoire environnementale de la mosa√Įque for√™t-savane. Leur lecture des r√©cits de voyage du XIXe si√®cle, combin√©e √† des recherches interdisciplinaires sur le terrain et √† l’analyse de photographies a√©riennes et d’images satellites, a sugg√©r√© une autre lecture de l’histoire du paysage.

 

Selon eux, les √ģlots forestiers, plut√īt que de repr√©senter les vestiges d’une for√™t historiquement plus √©tendue, se d√©veloppaient en fait gr√Ęce aux relations socio-√©cologiques, notamment la plantation d’arbres et le reboisement associ√©s √† l’√©volution des r√©gimes de feu. Leur contre-r√©cit sur l’expansion des for√™ts a remis en question la compr√©hension qu’avaient les forestiers d’√Čtat des relations nature-soci√©t√© et de l’histoire des paysages, qui, pour diverses raisons intellectuelles et politiques, sont rest√©s remarquablement r√©sistants √† ces critiques.

L’approche environnementale constructiviste en √©cologie politique est plus r√©cemment mise en avant par Tim Forsyth et Andrew Walker dans leur travail sur la politique des connaissances environnementales dans le nord de la Tha√Įlande. Comme Fairhead et Leach, ils confrontent les discours de crise environnementale et leurs cadres en remettant en question la validit√© scientifique des repr√©sentations du changement environnemental, en l’occurrence la d√©forestation des hautes terres et les inondations et les p√©nuries d’eau en aval.

 

S’inspirant de Hajer (1995), ils montrent comment les connaissances scientifiques et le cadrage des probl√®mes environnementaux sont √©troitement li√©s par le processus de “fermeture du probl√®me” (Forsyth et Walker, 2008, p. 12). Ils examinent les liens entre l’expertise, la fermeture du probl√®me et la stabilisation de certaines id√©es qui sont ensuite int√©gr√©es dans les r√©cits environnementaux. Comme Fairhead et Leach, ils montrent comment ce processus d’explication environnementale exclut g√©n√©ralement les compr√©hensions “locales” des processus biophysiques au d√©triment √† la fois de la compr√©hension scientifique et des utilisateurs des terres qui sont g√©n√©ralement punis pour leurs pratiques de gestion des ressources.

La coproduction de la socionature

La coproduction de la socionature est l’approche politico-√©cologique la plus r√©cente pour examiner l’interaction des relations socio-√©cologiques. Le fondement th√©orique de cette approche s’appuie sur deux traditions de recherche multidisciplinaire : Les √©tudes scientifiques et technologiques (STS) et la th√©orie de l’acteur-r√©seau (ANT). Trois cadres th√©oriques caract√©risent cette approche de la recherche socionaturelle :

 

1. La connaissance scientifique est une forme de pratique sociale et culturelle (Pickering, 1992)

 

2. Les objectifs et la conduite des scientifiques et des acteurs politiques se façonnent et sont façonnés les uns par les autres (Braun, 2000 ; Jasanoff, 2004)

 

3. Les non-humains et les processus biophysiques participent activement aux relations socio-écologiques (Latour, 2005)

 

Les deux premiers de ces trois cadres th√©oriques sont ancr√©s dans les √©tudes scientifiques et technologiques (STS) et le domaine connexe de la sociologie de la connaissance scientifique (SSK). Les chercheurs travaillant dans ces domaines mettent l’accent sur les dimensions socioculturelles de la production et de la reproduction des connaissances scientifiques (Jasanoff, 2004). Un th√®me transversal de ces cadres est que la connaissance scientifique est une repr√©sentation du monde mat√©riel, m√©di√©e par la culture et la politique (Pickering, 1992 ; Jasanoff, 2004).

Les √©cologistes politiques ont initialement accord√© peu d’attention au premier cadre th√©orique (selon lequel la connaissance scientifique est une forme de pratique sociale et culturelle). Cependant, cela a chang√© lorsque les g√©ographes travaillant dans le sous-domaine de la g√©ographie physique critique ont commenc√© √† explorer la construction de l’autorit√© scientifique en relation avec les forces politico-√©conomiques (Lave, 2011). Cette motivation d√©coule de l’observation que “les m√™mes forces politico-√©conomiques qui fixent les conditions des conflits de ressources que nous √©tudions fa√ßonnent √©galement les conditions de production de la science environnementale qui joue un r√īle si crucial dans ces conflits” (Lave, 2012, p. 366).

 

La prolif√©ration des march√©s des services √©cosyst√©miques a √©galement incit√© les √©cologistes politiques √† √©tudier la mani√®re dont les principes √©cologiques sont appliqu√©s dans des contextes similaires √† ceux du march√©. Dans ses recherches sur les programmes compensatoires d’att√©nuation des effets des zones humides aux √Čtats-Unis, Robertson (2004 ; 2006) montre que l’utilisation de m√©thodes d’√©valuation √©cologique rapide pour √©valuer la valeur √©conomique potentielle des zones humides d√©pend de l’exp√©rience des personnes qui utilisent les outils d’identification. Autrement dit, la m√©thode d’√©valuation √©cologique rapide est loin d’√™tre un moyen purement technique et objectif d’√©valuer la valeur √©conomique des plantes.

 

En bref, les repr√©sentations de la valeur √©conomique des plantes (c’est-√†-dire des objets naturels) d√©pendent de la fa√ßon dont les donn√©es scientifiques sont cr√©√©es et mobilis√©es dans des contextes sociaux vari√©s et doivent donc √™tre consid√©r√©es comme une “r√©alisation sociale” (Robertson, 2004).

ecologie politique

L’approche de la recherche socio-√©cologique par la coproduction diff√®re de la dialectique environnementale/sociale et des approches constructivistes de l’environnement sur deux fa√ßons.

 

Premi√®rement, la th√©orie de la coproduction cherche explicitement √† briser les distinctions ontologiques entre la science et la soci√©t√©. De ce point de vue, la connaissance scientifique n’est pas une forme ind√©pendante de production de connaissances qui est g√©n√©r√©e au profit de la soci√©t√© ; au contraire, la connaissance scientifique est produite dans des contextes socioculturels sp√©cifiques et influence les objectifs de la soci√©t√©. Cela diff√®re des approches qui se contentent de souligner la fa√ßon dont le savoir scientifique l√©gitime les programmes politiques des puissants et qui n’interrogent pas les pratiques scientifiques elles-m√™mes ni la fa√ßon dont le savoir scientifique influence la politique gouvernementale (mais voir Davis, 2007). L’implication de ce cadre th√©orique est claire : “La production, la circulation et l’application de la science sont profond√©ment interconnect√©es, et nos analyses devraient l’√™tre aussi” (Lave, 2012, p. 366-367).

 

La deuxi√®me distinction entre la th√©orie de la coproduction et les autres perspectives socio-√©cologiques est l’accent mis sur les assemblages socio-√©cologiques qui sont coproduits par des humains et des non-humains. Bien que la th√©orie de la coproduction s’int√©resse aux repr√©sentations et aux r√©cits des relations nature-soci√©t√©, elle se distingue par l’attention qu’elle porte √† la mani√®re dont les propri√©t√©s naturelles r√©orientent les assemblages socio√©cologiques. Ensemble, ces deux contributions th√©oriques de la th√©orie de la coproduction montrent comment les relations socio√©cologiques sont constitu√©es, comment elles sont pratiqu√©es et comment leur composition biophysique influence la direction des relations socio√©cologiques √† travers les √©chelles.

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