Qu'est-ce que l'Agriculture ?

L’agriculture est le mot le plus complet utilis√© pour d√©signer les nombreuses fa√ßons dont les plantes cultiv√©es et les animaux domestiques font vivre la population humaine mondiale en lui fournissant des aliments et d’autres produits. Le mot anglais agriculture vient du latin ager (champ) et colo (cultiver) qui, lorsqu’ils sont combin√©s, signifient le latin agricultura : labour des champs ou des terres. Mais le mot en est venu √† englober un tr√®s large √©ventail d’activit√©s qui font partie int√©grante de l’agriculture et de son environnement et qui ont leurs propres termes descriptifs, comme la culture, la domestication, l’horticulture, l’arboriculture et la v√©g√©talisation, ainsi que des formes de gestion du b√©tail comme l’√©levage mixte, le pastoralisme et la transhumance.

 

De nombreux attributs diff√©rents sont √©galement utilis√©s pour d√©finir des formes particuli√®res d’agriculture, comme le type de sol, la fr√©quence de culture et les principales cultures ou animaux. Le terme agriculture est parfois limit√© √† la culture de plantes, √† l’exclusion de l’√©levage d’animaux domestiques, bien qu’il implique g√©n√©ralement les deux activit√©s. L’agriculture est donc d√©finit comme la science et l’art de cultiver le sol, y compris les activit√©s connexes de la cueillette des r√©coltes et de l’√©levage du b√©tail, le travail du sol, l’√©levage. Concentrons-nous plut√īt sur les deux processus les plus fondamentaux qui ont conduit √† l’agriculture que sont la culture et la domestication (des plantes et des animaux).

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La Culture

La culture est une activit√© par laquelle l’Homme est directement impliqu√© dans la gestion du cycle de vie de certaines plantes. En termes abstraits, on peut consid√©rer qu’il s’agit d’un changement d’une approche largement extractive de la subsistance (par la collecte) vers une approche hautement r√©gulatrice, avec une programmation saisonni√®re du travail pour obtenir des r√©coltes r√©guli√®res √† dates et des produits stockables.

 

En pratique, la culture implique la manipulation du sol, de l’eau et d’autres √©l√©ments de l’environnement v√©g√©tal. Dans sa forme la plus simple, elle consiste √† semer des graines sur un sol d√©barrass√© de toute autre v√©g√©tation. Dans les syst√®mes √† faible intensit√©, cela peut se faire en br√Ľlant la v√©g√©tation ou en profitant des d√©p√īts frais de limon par les crues des rivi√®res (par exemple, l’agriculture d√©crue). Il s’agit g√©n√©ralement de pr√©parer le sol par un travail du sol. Les m√©thodes et les outils de travail du sol varient de simples appareils manuels (b√Ętons, b√™ches, houes) √† des outils utilis√©s en √©quipe, comme la “charrue √† pied”, en passant par des arcs actionn√©s par des animaux et de v√©ritables charrues.

 

Parmi les autres variables importantes utilis√©es on y trouve l’ajout de nutriments au sol par des moyens tels que le fumier, la culture multiple avec des esp√®ces fixatrices d’azote (g√©n√©ralement des l√©gumineuses de la famille des Fabaceae), ou l’utilisation de rotations de cultures avec des l√©gumineuses ou des p√©riodes de jach√®re. Cela repr√©sente une composante importante de la culture, c’est-√†-dire la programmation des saisons de semis et de r√©colte et des sch√©mas inter-annuels de rotation des cultures et de jach√®re.

 

L’eau est √©galement un √©l√©ment cl√© de tout syst√®me de culture et, dans certaines r√©gions, elle a jou√© un r√īle central dans les origines de l’agriculture. Par exemple, le contr√īle des niveaux d’eau a √©t√© essentiel dans le d√©veloppement de la culture pr√©coce du riz en Chine. Pour r√©ussir la culture du riz japonais, il a fallu √©tendre les habitats peu profonds et les zones humides marginales en d√©frichant la v√©g√©tation concurrente car l’utilisation de ces micro-environnements l√©g√®rement moins arros√©s a permis d’augmenter la production de c√©r√©ales. Les premiers syst√®mes de culture du riz consistent en de petits champs (1 √† 2 m de diam√®tre) reli√©s entre eux et √† de fr√©quentes fosses d’eau profondes qui servaient √† drainer l’eau du riz (dans les plants sont en croissance).

 

La culture subit un changement important par l’Homme car l’on manipule le sol et la composition des communaut√©s v√©g√©tales pour am√©liorer le rendement de certaines plantes plus tard. Cela a conduit de nombreux chercheurs √† conclure que la domestication morphologique est le r√©sultat d’une s√©lection inconsciente. En d’autres termes, l’Homme n’a pas cherch√© √† domestiquer les plantes mais √† manipuler leur productivit√© par la culture.

 

Le nouvel environnement cr√©√© par la culture peut entra√ģner un asservissement involontaire de l’esp√®ce cultiv√©e qui s’adapte √† ces nouvelles circonstances. Ces derni√®res ann√©es, les recherches arch√©obotaniques ont vis√© √† identifier les pratiques de culture ant√©rieures √† l’√©mergence des esp√®ces “domestiqu√©es”. De telles preuves de culture peuvent √™tre d√©duites par la pr√©sence de mauvais assemblages de plantes ce qui peut √™tre d√©montr√© par la composition statistique des assemblages de graines sauvages ou par les caract√©ristiques √©cologiques modernes des esp√®ces qui se reproduisent sur le plan arch√©ologique mais qui ont peu ou pas d’utilisations humaines connues.

agriculture champs

Exemple avec l'huile de colza

Avec le temps, les champs de colza jaune vif sont devenus une caract√©ristique de la campagne d’Europe de l’Ouest. Il produit l’une des huiles v√©g√©tales les plus populaires, mais, cultiv√© en monoculture sur de vastes √©tendues de terres agricoles, son impact sur l’environnement, la biodiversit√© et m√™me la sant√© de certaines personnes laisse beaucoup √† d√©sirer.

 

Le colza (ou “canola” comme on l’appelle dans certains pays) est l’une des principales cultures ol√©agineuses du monde et sur les 70 millions de tonnes produites annuellement, 2,2 millions de tonnes sont produites au Royaume-Uni tandis que la France fait 5,3 millions de tonnes par an. Cette culture est transform√©e en huile de colza, bien qu’elle n’ait pas vraiment d√©coll√© avant 1973, date √† laquelle des scientifiques canadiens ont s√©lectionn√© des vari√©t√©s √† plus faible teneur en acide √©rucique et en glucosinolate, qui peuvent donner √† l’huile un go√Ľt amer et la rendre impropre √† la consommation humaine.

 

Depuis lors, sa superficie n’a cess√© d’augmenter et, au cours de la derni√®re d√©cennie, la popularit√© de l’huile de colza a grimp√© en fl√®che. Elle contient moins de graisses satur√©es que les autres huiles de cuisson et des taux relativement √©lev√©s de graisses polyinsatur√©es om√©ga-3, ce qui contribue √† sa popularit√©. Le colza est une culture de rupture √† haut rendement et √† fort apport en intrants. Au cours des derni√®res d√©cennies, il est devenu une culture importante pour les exploitants de grandes cultures intensives car il peut leur procurer un bon revenu et s’int√®gre bien dans une rotation avec le bl√©, qui est souvent la culture c√©r√©ali√®re la plus rentable.

La Domestication

La domestication se d√©finit plus clairement comme un ph√©nom√®ne biologique, c’est-√†-dire une adaptation de la culture et par lesquels ils diff√®rent des proches parents sauvages. Plusieurs “syndromes de domestication” r√©currents peuvent √™tre reconnus comme des ensembles de caract√®res qui d√©finissent les cultures domestiqu√©es et caract√©risent la domestication comme une forme d’√©volution convergente d’une sous-culture.

 

Le syndrome de domestication diff√®re selon les types de plantes cultiv√©es, principalement en fonction de la mani√®re dont elles sont reproduites, par graines ou par boutures et de l’organe v√©g√©tal qui est la cible de la s√©lection (grain, fruit, tubercule). Le syndrome de domestication le mieux d√©fini est celui des cultures c√©r√©ali√®res, y compris les c√©r√©ales, les l√©gumineuses et les ol√©agineux. Si tous ces caract√®res sont le produit des cycles de r√©colte et de semis de ces r√©coltes, les pressions r√©elles de la s√©lection semblent provenir de deux aspects diff√©rents de la culture. Tout d’abord, certains traits sont s√©lectionn√©s par la r√©colte et la d√©pendance croissante des cultures vis-√†-vis de l’homme pour la dispersion des semences. Deuxi√®mement, ce sont les caract√©ristiques li√©es aux conditions du sol. Les champs labour√©s sont essentiellement des communaut√©s de succession pr√©coce sur un sol vide qui est g√©n√©ralement meuble et permet un enfouissement plus profond des semences.

 

Bien qu’il existe six traits essentiels du syndrome dans les cultures de semences, seuls les quatre premiers ont une chance de conservation arch√©obotanique chez certaines esp√®ces.

L'élimination de la dispersion naturelle des grains

Le premier est l’√©limination de la dispersion naturelle des graines, par exemple par le rachis non √©clat√© des c√©r√©ales et la gousse non d√©form√©e des l√©gumineuses et des ol√©agineux. Cette caract√©ristique est souvent consid√©r√©e comme la plus importante des caract√©ristiques de domestication car elle rend cette esp√®ce d√©pendante de l’agriculteur pour sa survie. Cela signifie √©galement que le travail de l’Homme doit √™tre utilis√© pour battre les cultures et s√©parer les graines, les gousses ou les √©pillets au lieu de la dispersion naturelle qui se produit √† la maturit√©. Cette caract√©ristique ne peut √©voluer que dans les conditions de r√©colte, comme l’arrachage, l’utilisation de faucilles ou la r√©colte lorsque les cultures sont mature plut√īt que vert. Ce trait est facilement identifiable dans les restes de rachis ou de spikelets de c√©r√©ales et a √©t√© √©tudi√© dans le riz, le bl√©, l’orge, le millet perl√© et le ma√Įs. Cependant, il est moins √©vident dans les restes conserv√©s de nombreuses autres cultures. Mais il existe des syst√®mes concevables de “culture sans domestication”. Il convient de noter que toute plante individuelle, ou tout sp√©cimen arch√©ologique pr√©sente une dispersion de type sauvage ou de type domestiqu√©.

Réduction des aides à la dispersion des graines sauvages

Un deuxi√®me trait connexe est la r√©duction des aides √† la dispersion des graines sauvages. Les plantes ont souvent une s√©rie de structures qui favorisent la dispersion des graines, notamment des poils, des barbes, des al√®nes et m√™me la forme g√©n√©rale de l’√©pillet dans les herbes. Ainsi, les √©pillets de bl√© domestiqu√©s sont moins poilus, ont des aines plus courtes ou pas d’aines, et sont dodues, alors que dans la nature ils sont fortement poilus, barbel√©s, et de forme a√©rodynamique. Les vari√©t√©s de riz sauvage sont toujours munies d’ailerons et fortement barbel√©es, tandis que de nombreux cultivars sont d√©pourvus d’ailerons et ceux qui en poss√®dent ont moins de barbelures. Plut√īt que d’√™tre positivement s√©lectionn√©s par la r√©colte, ces caract√®res sont obtenus par la suppression de la s√©lection naturelle pour les adaptations de dispersion de type sauvage, et donc, dans le cadre de la domestication, ces caract√®res n√©cessitent moins de d√©penses m√©taboliques. Ce trait peut parfois √™tre visible dans le mat√©riel arch√©obotanique, mais il est rare et non diagnostique et ne permet pas d’identifier d√©finitivement la domestication sur le plan arch√©ologique. Comme ce trait √©volue progressivement et sans diagnostic, on peut consid√©rer qu’il indique une “semi-domestication”.

Le tallage et la maturation synchrone

Deux autres traits du syndrome de domestication peuvent être répandus, mais ils ne sont pas récupérables sur le plan archéologique : le tallage et la maturation synchrones, comprenant parfois un passage de pérenne à annuel. La plantation en une fois et la récolte en une fois favoriseront les plantes qui poussent en synchronisation. 

La dominance apicale

Une autre caract√©ristique est un port de croissance plus compact avec une dominance apicale, comme une r√©duction des ramifications lat√©rales et des √©pis ou t√™tes de graines plus denses. Chez certaines esp√®ces, comme dans le cas de plusieurs l√©gumineuses, cela implique le passage d’un comportement grimpant √† un comportement autonome. Les m√©thodes de r√©colte, comme celles qui s√©lectionnent les types non √©branlants, peuvent √©galement favoriser la r√©colte des plantes √† parties simples et compactes.

Pourquoi les agricultures utilisent-ils des engrais ?

Tous les √©l√©ments nutritifs de notre alimentation proviennent √† l’origine du sol. Afin de cr√©er des cultures saines et riches en nutriments, les agriculteurs doivent travailler avec des sols sains. Les sols contiennent naturellement de nombreux √©l√©ments nutritifs comme l’azote, le phosphore, le calcium et le potassium. Ces √©l√©ments nutritifs permettent aux plantes de pousser. Lorsque les √©l√©ments nutritifs du sol manquent ou sont en quantit√© insuffisante, les plantes souffrent d’une carence en √©l√©ments nutritifs et cessent de cro√ģtre. Lorsque le niveau de nutriments est trop faible, la plante ne peut pas fonctionner correctement et produire la nourriture n√©cessaire pour nourrir la population mondiale.

 

Une fois que les cultures sont r√©colt√©es pour la consommation humaine, l’approvisionnement naturel en √©l√©ments nutritifs du sol doit √™tre “reconstitu√©”. C’est pourquoi les agriculteurs ajoutent des √©l√©ments nutritifs √† leurs sols (et aujourd’hui malheureusement au d√©triment de notre sant√©…). Les √©l√©ments nutritifs peuvent √™tre ajout√©s √† partir de diverses sources : mati√®res organiques, engrais chimiques et m√™me par certaines plantes. Cela permet de maintenir la fertilit√© du sol, de sorte que l’agriculteur peut continuer √† faire pousser des cultures nutritives et des cultures saines.

 

Les agriculteurs se tournent vers les engrais car ces substances contiennent des nutriments pour les plantes tels que l’azote, le phosphore et le potassium. Les engrais sont simplement des √©l√©ments nutritifs pour les plantes appliqu√©s aux champs agricoles pour compl√©ter les √©l√©ments n√©cessaires que l’on trouve naturellement dans le sol. Les engrais sont utilis√©s depuis le d√©but de l’agriculture. Les Am√©rindiens utilisaient des engrais bruts, comme pour enterrer un poisson dans leurs parcelles de ma√Įs, et les agriculteurs biologiques utilisent des engrais de source naturelle, comme le compost. Aujourd’hui, la plupart des agriculteurs utilisent des engrais qui sont soit extraits, soit fabriqu√©s.

Mettre en valeur le r√īle des engrais dans l'agriculture mondiale - RootsForGrowth

Quelle que soit la source de l’engrais, toutes les plantes utilisent les m√™mes formes d’engrais inorganiques pour la fertilisation du sol. L’objectif √©tant d’obtenir des rendements bien plus important que naturellement. Parfois, la source d’azote peut √™tre des plantes appel√©es “fixateurs d’azote”. De nombreux agriculteurs utilisent des cultures, telles que le soja et la luzerne (appel√©es l√©gumineuses), qui peuvent √©liminer l’azote naturellement pr√©sent dans l’atmosph√®re et le placer (“fixer”) dans le sol pour que les futures cultures puissent l’utiliser. L’utilisation d’engrais est tr√®s co√Ľteuse et peut nuire √† l’environnement si elle n’est pas utilis√©e correctement. C’est pourquoi, avant d’ajouter des engrais, les agriculteurs envoient un √©chantillon de sol √† un laboratoire pour des tests de r√©f√©rence.

 

En analysant leur sol, les agriculteurs savent quels √©l√©ments nutritifs (et en quelle quantit√©) ils doivent appliquer au sol. Si l’on n’en ajoute pas assez, les cultures ne produiront pas autant qu’elles le devraient. Si l’on en ajoute trop, ou au mauvais moment, les √©l√©ments nutritifs en exc√®s s’√©couleront des champs et pollueront les cours d’eau et les eaux souterraines. Ainsi, si les engrais ont un r√īle important √† jouer, les agriculteurs doivent veiller √† utiliser la bonne quantit√©, au bon moment, pour √©viter les effets n√©gatifs potentiels sur l’environnement. Pour rester en bonne sant√©, l’homme doit acqu√©rir les √©l√©ments nutritifs essentiels √† partir de nombreuses sources alimentaires diff√©rentes. La demande de denr√©es alimentaires et d’autres produits issus des syst√®mes agricoles va augmenter au cours des prochaines d√©cennies. Cela signifie que nous devons maintenir nos sols en bonne sant√© et pleins de nutriments afin de nourrir la population croissante.

La Science de l'Agriculture animale

La science de l’Agriculture des animaux s’int√©resse √† la science et √† l’activit√© de production des esp√®ces de b√©tail domestiques, y compris les bovins √† viande, les bovins laitiers, les chevaux, la volaille, les moutons et les porcs. Un zootechnicien applique les principes des sciences biologiques, physiques et sociales aux probl√®mes li√©s √† la production et √† la gestion du b√©tail. La science animale s’int√©resse √©galement aux aliments d’origine animale : la viande, les produits laitiers et les Ňďufs. L’industrie alimentaire est l’une des plus grandes et des plus importantes industries des pays d√©velopp√©s. En outre, la science animale s’int√©resse aux aspects des animaux de compagnie, y compris leur nutrition, leurs soins et leur bien-√™tre. Elle permet la connaissance de sujets de base tels que le comportement et la gestion des animaux, la g√©n√©tique, la microbiologie, la nutrition, la physiologie, la reproduction et la science de la viande.¬†

 

Aujourd’hui, les forces mondiales exigent davantage de l’industrie agricole. Une population mondiale croissante avec des modes d’alimentation changeants exige davantage de nourriture, de bonne qualit√© et toujours dans le respect du “bien-√™tre animal” (autant que faire se peut…). Cette production alimentaire doit avoir lieu sur une quantit√© limit√©e de terres et avec un changement climatique qui pointe le bout de son nez fortement en fait un d√©fi majeur. En effet, elle doit √™tre int√©gr√©e aux besoins des personnes mais aussi dans le respect de l’environnement. Les d√©fis complexes du si√®cle prochain exigent des professionnels de l’agriculture capables d’identifier les opportunit√©s et de concevoir des solutions innovantes.

agriculture animale

Le défi mondial de l'Agriculture

Le traitement des animaux de ferme est le plus grand probl√®me du bien-√™tre animal au monde et il prend de l’ampleur. D’ici 2050, la production animale sera deux fois plus importante qu’en 2000. √Ä l’heure actuelle, plus de 70 milliards d’animaux sont √©lev√©s pour l’alimentation chaque ann√©e, dont les deux tiers dans des conditions qui les emp√™chent de se d√©placer librement ou de vivre naturellement. Plusieurs campagnes font √©tapes pour le progr√®s, que cela soit pour l’√©levage, leur transport ou bien l’abattage. Nous savons que le changement est possible sur ces points et cela a commenc√© depuis plus de dix ans avec l’obligation de l’abattage sans cruaut√© ce qui a permis d’am√©liorer la vie de huit milliards d’animaux. Mais ce combat n’est pas homog√®ne, et de nombreux centres ne respectent toujours pas ces r√©glementations.

L'impact de l'agriculture animale sur le changement climatique

Bien qu’une grande partie du monde s’efforce de renoncer aux combustibles fossiles pour lutter contre le changement climatique, il existe un autre coupable du changement climatique, souvent n√©glig√© : l’agriculture animale et son impact sur l’environnement. L’agriculture animale est le deuxi√®me plus grand contributeur aux √©missions de gaz √† effet de serre d’origine humaine apr√®s les combustibles fossiles et est une cause majeure de d√©forestation, de pollution de l’eau et de l’air et de perte de biodiversit√©.

 

Ressources et production

L’agriculture animale exerce une forte pression sur une grande partie des ressources limit√©es en terres, en eau et en √©nergie de la Terre. Afin d’accueillir les 70 milliards d’animaux √©lev√©s chaque ann√©e pour la consommation humaine, un tiers de la surface terrestre libre de glace de la plan√®te, ainsi que pr√®s de seize pour cent de l’eau douce mondiale, est consacr√© √† l’√©levage. En outre, un tiers de la production c√©r√©ali√®re mondiale est utilis√©e pour nourrir le b√©tail. D’ici 2050, la consommation de viande et de produits laitiers devrait augmenter respectivement de 76 et 64 %, ce qui augmentera la charge en ressources de l’industrie. Le b√©tail est de loin la plus grande source d’√©missions de l’agriculture animale, une √©tude r√©cente montrant que dans un r√©gime alimentaire am√©ricain moyen, la consommation de viande de bŇďuf cr√©e 900 kilos de CO2 par an. Remplacer la viande de bŇďuf par des plantes permettrait de r√©duire ce chiffre de 96 %, le ramenant √† seulement 33 kilos de CO2.

La plupart des émissions de gaz à effet de serre en sont la conséquence

  • Du m√©thane lib√©r√© par la fermentation ent√©rique et partiellement par le fumier animal. Aux √Čtats-Unis, le m√©thane provenant des processus digestifs normaux des animaux s’√©levait √† 164,3 millions de tonnes de CO2e en 2014.
  • Perte de carbone stock√© dans les for√™ts et les sols en raison du changement d’affectation des terres et de leur d√©gradation
  • Les √©missions “induites par le b√©tail” (d√©frichement extensif des arbres pour l’expansion de l’agriculture) s’√©l√®vent √† environ 0,65 gigatonne de CO2 par an.
    Combustibles fossiles br√Ľl√©s pour produire des engrais min√©raux destin√©s √† la production d’aliments pour animaux.
  • Environ 2 % de l’√©nergie mondiale utilis√©e produisent 100 millions de tonnes d’engrais azot√©s artificiels par an √† appliquer sur des cultures √† haute √©nergie comme le ma√Įs.
graphique plantes et animaux agriculture

Conséquences et impacts

Tackling Climate Change Through Livestock“, un rapport 2013 de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture largement cit√©, estime qu’environ 14,5 % des √©missions mondiales des Gaz √† Effet de Serre (GES), soit 7,1 gigatonnes d’√©quivalent CO2, peuvent √™tre attribu√©es chaque ann√©e au secteur de l’√©levage. Cela √©quivaut globalement aux √©missions de tous les carburants br√Ľl√©s par tous les v√©hicules de transport du monde, y compris les voitures, les camions, les trains, les bateaux et les avions.

 

L’agriculture animale en particulier :

  • Repr√©sente cinq pour cent des √©missions mondiales de dioxyde de carbone d’origine anthropique.
  • Repr√©sente 44 % des √©missions de m√©thane anthropiques, le principal facteur de changement climatique li√© au b√©tail, car le m√©thane est 34 fois plus puissant que le dioxyde de carbone sur 100 ans.
  • Repr√©sente 44 pour cent de toutes les √©missions anthropiques d’oxyde nitreux, le GES le plus puissant
  • Il repr√©sente 75 √† 80 % des √©missions agricoles totales.

 

En outre, la pollution de l’air et de l’eau peut √™tre directement attribu√©e au secteur de l’√©levage, qui est le plus grand contributeur √† la pollution mondiale de l’eau. Le secteur de l’√©levage est √©galement l’un des principaux moteurs de la d√©forestation mondiale, et est li√© √† 75 % de la d√©forestation historique de la for√™t amazonienne br√©silienne. Pr√®s d’un tiers de la perte de biodiversit√© √† ce jour est li√© √† l’agriculture animale. En amplifiant encore la pollution de l’eau et de l’air, le b√©tail mondial produit sept √† neuf fois plus d’eaux us√©es que les humains, dont la plupart ne sont pas trait√©es. Ils rejettent √©galement des pesticides, des antibiotiques et des m√©taux lourds dans les syst√®mes d’eau.

 

L’agriculture animale est li√©e √† :

  • 55 % de l’√©rosion.
  • 60 % de la pollution par l’azote.
  • 70 % de l’empreinte globale du phosphore alimentaire.

 

Les exploitations d’√©levage concentr√© pr√©sentent des risques suppl√©mentaires pour la sant√© publique des communaut√©s avoisinantes car les maladies virales peuvent se propager du b√©tail malade √† l’homme et l’utilisation accrue des antibiotiques encourage la r√©sistance aux antibiotiques. Une gestion irresponsable du fumier provenant d’installations √† haut volume risque d’entra√ģner la formation d’a√©rosols de mati√®res f√©cales qui peuvent atteindre les maisons voisines et causer des probl√®mes respiratoires. Les d√©chets du b√©tail peuvent √©galement passer √† travers le sol jusqu’aux eaux souterraines, qui peuvent alors contaminer les ruisseaux et les rivi√®res avoisinants avec des nitrates et des agents pathog√®nes.

empreinte carbone

Atténuation et action

Les √©missions mondiales de GES du secteur de l’√©levage ont augment√© de 51 % entre 1961 et 2010, en raison d’une hausse de 54 % des √©missions de m√©thane et d’oxyde nitreux provenant des effluents d’√©levage. En outre, environ une gigatonne d’√©quivalent dioxyde de carbone des aliments d’origine animale est gaspill√©e chaque ann√©e dans le monde.

 

Si la consommation mondiale de viande et de produits laitiers continue √† augmenter au rythme actuel, le secteur agricole pourrait consommer environ 70 % du budget autoris√© pour l’ensemble des √©missions de GES d’ici le milieu du si√®cle (2050). Pour atteindre l’objectif mondial de limitation du r√©chauffement √† 2¬įC, les √©missions annuelles doivent √™tre r√©duites de 49 gigatonnes de CO2 aujourd’hui √† environ 23 gigatonnes en 2050. L’agriculture consommerait 20 de ces gigatonnes ce qui ne laisserait que trois gigatonnes pour le reste de l’√©conomie mondiale.

 

L’intensit√© en GES du r√©gime alimentaire occidental moyen pourrait √™tre r√©duite de moiti√© en adoptant un r√©gime alimentaire √† base de plantes. Les √©missions agricoles peuvent √©galement √™tre limit√©es gr√Ęce √† une manipulation plus intelligente du b√©tail, √† un contr√īle technologique de l’application des engrais, √† de simples changements dans la disposition des champs et √† d’autres techniques agricoles plus efficaces. Des groupes comme “Solutions from the Land” travaillent avec les agriculteurs am√©ricains pour trouver des moyens de r√©duire les √©missions sans sacrifier la production, et le minist√®re am√©ricain de l’agriculture a mis en place des “Climate Hubs” pour aider les agriculteurs √† s’adapter au changement climatique et √† l’att√©nuer. Parall√®lement, des groupes internationaux tels que le Consortium des chercheurs agricoles internationaux et l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires m√®nent des recherches novatrices pour d√©terminer l’impact du changement climatique sur les agriculteurs et ce qu’ils peuvent faire pour y rem√©dier.

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